CHRONIQUE CALCIQUE

Publication 30 mars 2011
Le calcium occupe une place très particulière dans « l’imaginaire » agronomique. Son rôle fondamental dans le modèle classique du fonctionnement du sol (pH, complexe argilo-humique, structure, vie microbienne…) fait souvent oublier que le calcium est également un élément indispensable à la vie des végétaux cultivés. Avoir un pH « correct » dans un sol ne signifie pas forcément que la disponibilité du calcium y soit suffisante pour la nutrition.

Le calcium participe à trois fonctions fondamentales : 
structurale : il participe à la croissance et à la résistance physique des organes en intervenant dans la composition et la capacité d’élongation des parois cellulaires,
électro-chimique : complexation de certains déchets cellulaires, régulation de la perméabilité des cellules,
catalytique : lien avec les hormones auxiniques, composition d’enzymes …
Il est curieux de constater que beaucoup de tableaux de fertilisation oublient les besoins annuels en calcium alors qu’ils sont souvent équivalents, voire supérieurs, à ceux de l’azote. Dans la composition globale d’un végétal, le calcium est plus présent que le potassium. Il ne s’agit surtout pas de l’inclure systématiquement dans la fertilisation annuelle, mais il est nécessaire de se demander si le calcium est suffisamment disponible dans le sol.

L’analyse de sol va donner une première réponse (niveau en CaO échangeable, pourcentage de calcium fixé sur la CEC, équilibre du calcium vis à vis du potassium, magnésium et sodium, état organique…). L’interprétation va aussi tenir compte de la texture du sol en termes de porosité. En effet, tout manque d’oxygène (compactage, tassements, saturation en eau…) va limiter l’assimilabilité du calcium. Il peut arriver ainsi, dans certains cas, d’être obligé d’apporter du calcium sous forme très soluble en sol basique, voire chlorosant (avec, dans ce cas, certaines précautions) ; c’est une pratique assez courante en pomiculture par exemple.
Plus la croissance du végétal est forte ou plus le végétal est vigoureux, et plus les besoins en calcium sont élevés. On observe ainsi souvent, sur céréales, une crise calcique.
Ce stress est provoqué par des conditions climatiques très poussantes ou un excès de disponibilité en azote ; cela conduit à une « sur-assimilation » azotée, alors que les prélèvements du calcium sont plus difficiles et contrôlés.

Le rapport N / Ca est à la base de la nutrition végétale.
Par ailleurs, tout excès de potassium, magnésium ou sodium (par présence au sol ou apport) va pénaliser l’assimilation du calcium. Ainsi, en sol à faible disponibilité calcique, des excès de fertilisation en K2O ou MgO vont être facilement pénalisants, surtout si les épandages sont positionnés trop proches des périodes de forts prélèvements en calcium.
En dehors des désordres bien identifiés (bitter-pit sur pommes, coulures accentuées en vigne, cœur brun de la pomme de terre, pourriture apicale de la tomate…), le manque de calcium peut, plus insidieusement, être un facteur limitant de la croissance.


Des indicateurs tels que le pH et/ou le ratio Ca/CEC nous permettent de vérifier que nous avons des conditions agronomiques correctes, mais l’idéal pour le sol ne correspond pas toujours aux conditions idéales de fonctionnement du végétal. Si le sol n’est pas à même d’assurer la nutrition en calcium du végétal, ou s’il n’y a pas d’entretien calcique régulier, des amendements calciques sont à apporter au sol. Les produits à utiliser vont se caractériser par leur solubilité élevée : sulfates de calcium (plâtre ou gypse), carbonates de calcium à forte solubilité carbonique, lithothamne.

Faut-il effectuer un entretien calcique de mon sol ou réfléchir plutôt à la nutrition en calcium? Le manque de calcium dans mon végétal est-il lié au sol ou à d’autres facteurs ? L’équipe d’agronomes de LCA est à votre disposition pour vous aider à répondre à ces questions.

Contacts, bibliographie et informations :
Alain Kleiber : alain.kleiber[at]laboratoirelca.com
Service agronomie : agronomie33[at]laboratoirelca.com



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